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L'écrevisse à pieds rouges

10 MAI 2021

L’écrevisse à pieds rouges (Astacus astacus) et le projet de sauvergarde en région wallonne

SAM 0121 cropDans le règne animal, l’écrevisse fait partie des arthropodes, c’est-à-dire des animaux segmentés, pourvus de membres articulés mais sans squelette interne. C’est aussi un crustacé, possédant une carapace externe (faite surtout de chitine, substance membraneuse et cornée). Pour assurer une dureté protectrice, cette chitine est imprégnée de carbonate de calcium, excepté aux articulations des membres.

Près de 600 espèces existent à l’heure actuelle dans le monde. Mais en Europe occidentale, il existe seulement 3 espèces indigènes : l’écrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium), l’écrevisse à pieds rouges (Astacus astacus) et l’écrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes). En Wallonie, la seule espèce indigène est Astacus astacus.

Les écrevisses sont lucifuges (elles fuient la lumières) et ont donc un comportement nocturne. On les trouve en général dans des sites ombragés, dans les réseaux racinaires immergés, sous les cailloux ou rochers. Quand le milieu ne leur offre pas de caches, elles creusent des terriers dans les berges argileuses, dans lesquels elles s’abritent la journée.

Les écrevisses à pieds rouges sont, comme la truite fario et le saumon, symbole d’une eau de bonne qualité, bien oxygénée. Elles sont omnivores : elles consomment aussi bien des végétaux aquatiques (élodées, cératophylles, myriophylles, potamots, cresson, algues filamenteuses) que des animaux (mollusques, vers, larves d’insectes, poissons, têtards ou jeunes grenouilles). Les écrevisses sont aussi cannibales et ne dédaignent pas leurs congénères, qui sont affaiblis, malades ou qui viennent de muer. Durant les premières années de leur vie, les écrevisses sont plus carnivores que végétariennes, car le processus d’exuviation requiert beaucoup d’énergie et de protéines d’origine animale. Les écrevisses ont de très nombreux prédateurs chez les poissons (truites, perches, sandres, brochets, anguilles, carpes, …), les oiseaux et les mammifères (hérons, loutres, ratons laveurs – des prédateurs redoutables !).

L’écrevisse à pied rouge en voie de disparition

ecrevisse aphanomycoseLa cause principale de disparition des écrevisses à pieds rouges est sans conteste « la peste de l’écrevisse ».
L’agent responsable de cette maladie est un « champignon » aquatique, Aphanomyces astaci. Il est couramment admis qu’il a été importé des Etats-Unis en 1860, par les bateaux accostant en Italie. Le fléau s’est ensuite répandu à travers toute l’Europe, éliminant de manière foudroyante la plupart des populations d’écrevisses européennes, quelle qu’en soit l’espèce : les mortalités sont totales en une à trois semaines. C’est une « maladie » exclusive et obligatoire des écrevisses ; et se transmet d’une écrevisse à l’autre par des spores microscopiques mobiles produites en très grand nombre et entrant dans le corps des écrevisses par les parties les plus molles de l’exosquelette (yeux et articulations notamment). L’attaque peut se faire à des températures allant de 2 à 25°C, donc toute l’année.

Les spores peuvent être véhiculées par les poissons (via leur tube digestif et peut être aussi le mucus de leur peau), par l’eau de transport des poissons (à l’occasion de rempoissonnements effectués dans les cours d’eau ou pièces d’eau par des pêcheurs ou des pisciculteurs), par le plumage ou les pattes d’oiseaux d’eau, par la fourrure de mammifères aquatiques (castors, loutres, ratons laveurs, chiens…), qui se sont baignés dans une eau contaminée, mais aussi par des instruments de pêche (cannes à pêche, bourriches, bottes, etc...), par des combinaisons de plongée, etc. ... et bien entendu par les écrevisses invasives et porteuses de la maladie (écrevisses américaines).

C’est l’homme qui, directement ou indirectement, a été responsable de la propagation de cette maladie en Europe, en grande partie par introduction des espèces exotiques américaines (de Californie, de Louisiane). A ce jour, aucun remède, ni aucune souche résistante n’ont été trouvés contre l’aphanomycose : le seul moyen pour ralentir ou endiguer ce fléau réside dans la prévention et dans une prudence extrême afin d’éviter sa propagation.

Le projet de sauvegarde en Région wallonne

De 1982 à 1985, une première enquête fut menée par les Eaux et Forêts, afin d’évaluer l’état des populations d’écrevisses en Belgique. Un second inventaire, plus exhaustif, a été réalisé de 1991 à 1996 par D. Herman à travers toute la Région wallonne. Les résultats, jugés très alarmants, ont fait état de la grande faiblesse des populations d’écrevisses à pieds rouges. Conscient par ce constat qu’il y avait urgence à agir pour la sauvegarde de l’espèce, l’Association Theutoise pour l’Environnement, en 2000 et ensuite l’Association pour la Sauvegarde et la Promotion des Ecrevisses Indigènes (à partir de 2009) ont travaillé à la mise sur pied d’un projet de restauration et de réimplantation de populations d’Astacus astacus dans l’ensemble de la Région wallonne. Une étude génétique complémentaire des populations a été menée par le SPW de 2012 à 2021, afin de repérer les souches « autochtones, de grand intérêt patrimonial » dans ces populations.

En 2021, il ne reste plus aucune population d’Astacus astacus dans nos cours d’eau !
Et… il n’y aurait plus qu’une quarantaine de populations en plans d’eau sur tout le territoire wallon ! (il en restait 66 en 2018, et plus d’une centaine en 1996).

Cette disparition rapide, en quelques décennies, de l’écrevisse indigène est un exemple flagrant de la diminution drastique, excessivement rapide et très inquiétante de la biodiversité de notre planète : la sensibilisation du plus grand nombre devient absolument nécessaire pour endiguer partiellement cette perte de biodiversité !

Les Contrats de rivières ont un rôle essentiel à jouer dans ce cadre. C’est notamment pour cette raison que l’ASPEI (avant de disparaître, car la liquidation de l’asbl est prévue en fin d’année 2021) a :

  • réédité la bande dessinée « Les aventures aquatiques d’Ulysse et de Polisse, les écrevisses » (conçue en 2006),
  • et réalisé un film pédagogique avec M. Philippe Laforge, réalisateur de films « nature » sur les cours d’eau et les poissons (avec le concours financier des Contrats de Rivière et de la Province de Liège).

Ces deux documents seront très bientôt (début mai) à la disposition de tous les Contrats de Rivière de Wallonie, dans le cadre de leurs activités de sensibilisation.

ASPEI new 

Didier HERMAN
Association pour la Sauvegarde et la Promotion des Espèces Indigènes
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Site web "Inondations en Wallonie"

06 MAI 2021

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Nouveau : un site web consacré aux inondations en Wallonie

Le Service Public de Wallonie vient de mettre en ligne un tout nouveau site web, entièrement consacré aux inondations en Wallonie : http://inondations.wallonie.be
Pour tout savoir sur les inondations en Wallonie…

Le site web « Inondations en Wallonie » est le point d'entrée vers tous les renseignements utiles en matière d'inondations. Que vous soyez citoyen, architecte, entrepreneur dans le bâtiment ou encore agent administratif, vous y trouverez un grand nombre d'informations sur ce sujet :

  • Mon terrain est-il en zone inondable ?
  • Que faire en cas de crue ?
  • Qui consulter pour obtenir un avis en zone inondable ?
  • Comment adapter mon projet, mon logement, mon terrain aux risques d'inondation ?
  • Quel est l'historique des inondations en Wallonie ?
  • Toutes les informations sur les outils cartographiques
  • et bien d'autres !

A l'échelle wallonne, un organe central occupe un rôle de concertation, d'analyse, d'expertise et de conseils en matière d'inondation : c’est le Groupe Transversal Inondations (GTI). En parfaite coordination au sein de ce groupe, ce site web est alimenté par les acteurs compétents dans les différentes thématiques, principalement issus du Service public de Wallonie.

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. logo inondation wall

Un site à consulter absolument !

 

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L'ouette d'Egypte

05 MAI 2021

ouette.d.egypte.mica.1gLa crise sanitaire actuelle nous empêche de partir en vacances à l’étranger… Nous avons donc décidé de vous emmener en voyage d’une autre façon… en vous présentant une espèce exotique : l’ouette d’Egypte.

Présent depuis un certain temps chez nous, cet oiseau d’eau malheureusement devenu invasif provient d’Afrique du Nord, comme son nom l’indique. L’ouette d’Egypte a été introduite en Angleterre, aux Pays-Bas et en Allemagne dès la fin du 17e siècle, à des fins ornementales. Au départ de quelques individus échappés des parcs, son expansion dans la nature s’est montrée significative dès le 19e siècle. Depuis, c’est une espèce que nous pouvons observer régulièrement en Belgique, où elle niche désormais depuis les années 80.

Le saviez-vous ?
L’ouette d’Egypte n’est pas une oie ! Elle appartient au genre Tadorna qui fait partie de la famille des Anatidae. Les tadornes sont des canards de grandes tailles ayant un aspect semblable à celui des oies.

L’ouette d’Egypte mesure environ 73 cm, pour une envergure variant de 134 à 154 cm. Elle pèse 1,5 à 2,25 kg. Elle peut vivre jusque 25 ans !

ouette 1Vous pouvez la reconnaitre grâce à son plumage brunâtre :
sa tête est claire, avec des plumes plus foncées formant un anneau caractéristique autour de ses yeux orange. Elle a un collier foncé autour du cou. Son dos présente des teintes grises, son ventre est plutôt blanchâtre avec une tache de couleur marron. Au niveau des ailes, ses plumes sont blanches, rousses et verdâtres, couleurs que l’on voit davantage lorsque les ailes sont déployées. Son bec et ses pattes sont roses.

Il n’existe pas de dimorphisme sexuel, mais les individus peuvent présenter des plumages variés. Les juvéniles possèdent un plumage plus terne que celui des adultes, et n’ont pas encore le collier et la calotte contrastés.
L’ouette d’Egypte s’observe au bord des plans d’eau, souvent même dans des lieux publics, le long des rivières ou encore dans les champs.
C’est un oiseau herbivore (herbes, feuilles, graines, céréales, etc.), mais l’ouette peut aussi manger occasionnellement des insectes ou des grenouilles, qu’elle trouve dans les prairies. Les ouettes d’Egypte se nourrissent souvent en couple ou en groupe familial, parfois même en très grands groupes.

La reproduction se fait en mars-avril, mais il arrive que celle-ci varie dans l’année. L’oiseau atteint sa maturité sexuelle vers l’âge d’1 à 2 ans. Le nid est constitué de brindilles et de feuilles, et est ensuite garni de duvet. Il est construit à proximité de l’eau, parfois même dans des arbres. La femelle pond 8 à 9 œufs en moyenne, et l’incubation dure 28 à 30 jours. Si le nid est construit en hauteur, les parents transportent alors les petits dans leur bec jusque dans l’eau ou encore, ils les appellent au pied de l’arbre. Le mâle et la femelle élèvent ensemble les jeunes qui prendront leur envol après une septantaine de jours.

Une espèce invasive…
Cette espèce exotique originaire d’Afrique du Nord s’est bien adaptée aux conditions climatiques européennes, au point que sa population augmente aux dépens de nos oiseaux d’eau indigènes… Comme la bernache du Canada, l’ouette d’Egypte est en effet en grande compétition avec le canard colvert, la foulque macroule, la gallinule poule d’eau, … que ce soit pour la nourriture, l’habitat ou les sites de reproduction. L’ouette est réputée pour être agressive et n’hésite pas à chasser ces espèces.

Et ce n’est pas tout… Sa présence a également des conséquences négatives au point de vue sanitaire, environnemental, social ou économique. En effet, comme la bernache du canada, elle dégrade les berges, peut apporter des maladies, se montre parfois agressive envers les humains, ses déjections provoquent un risque sanitaire dans les lieux publics, … L’ouette d’Egypte et la bernache du Canada font partie du top 100 des espèces présentant le plus haut niveau de préoccupation (sanitaire, économique, environnemental, social) en Europe. Face à ces conséquences négatives, des mesures de régularisation existent, afin de diminuer les populations qui sont en trop grand nombre.

Bien que l’ouette d’Egypte soit une espèce invasive chez nous, elle reste agréable à observer dans nos régions. À condition qu’elle respecte l’environnement et ses congénères…

Sources :
• Ouette d’Égypte - Alopochen aegyptiaca (oiseaux.net)
• FS 296 BD complet.pdf (oncfs.gouv.fr)
• Ouette d’Égypte - Wikipédia (wikipedia.org)
• Ouette_Egypte_FR.pdf (mnhn.lu)
• Ouette_Egypte_FR.pdf (mnhn.lu)
• Ouette d’Égypte (Alopochen aegyptiacus) | Oiseaux | Vertébrés | La biodiversité en Wallonie

 

Avec le soutien de

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