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La foulque macroule

24 DéCEMBRE 2020

« Il avait les yeux couleur rubis et des plumes couleur de la nuit… » Il ne s’agit pas ici de l’aigle de Barbara, mais d’un autre oiseau d’eau bien présent dans le bassin de la Vesdre : la foulque macroule.

La foulque macroule mesure une trentaine de centimètres pour une envergure de 70 à 80 centimètres. Son poids varie de 550 à 850 grammes. À l’état sauvage, son espérance de vie est de 15 à 18 ans.

foulque macroule1

(c) Patrick Ingremeau - www.oiseaux.net

C’est un oiseau migrateur partiel, c’est-à-dire que seules les populations situées le plus au nord migrent vers des régions plus chaudes. Les autres populations sont plutôt sédentaires.

La période de nidification a lieu de mars à septembre. La femelle pond entre 5 à 10 oeufs par couvée et il peut y avoir jusqu’à deux couvées par an. L’éclosion a lieu après 21 jours. Le mâle participe avec la femelle au nourrissage des juvéniles. Les petits sont dépendants de leurs parents durant leur premier mois, ensuite ils sont capables de plonger et de se nourrir seuls.

Contrairement à leurs parents, les juvéniles n’ont pas le front et le bec blanc. Ils ont d’abord la tête et bec nuancés de rouge et d’orange, puis ils s’éclaircissent et adoptent un plumage grisâtre qui évoluera jusqu’à ressembler enfin à celui de leurs parents.

Cette espèce n’est pas une espèce menacée. Selon AVES (association fondatrice de Natagora pour le pôle ornithologique), leur tendance est même en progression : il semblerait qu’il y ait une augmentation des nicheurs, et une augmentation des hivernants est bel est bien établie.

Confusion avec la poule d’eau…

foulque macroule2Pour les personnes non averties, la foulque macroule est souvent confondue avec la gallinule poule d’eau, avec laquelle elle partage souvent les mêmes plans d’eau.

Pourtant, ces deux espèces présentent de nombreuses différences, facilement identifiables.

Physiquement, nous pouvons différencier la foulque macroule de la poule d’eau au niveau de la tête : la foulque présente un écusson frontal et un bec blancs tandis que la poule d’eau a un front et un bec rouges, et l’extrémité de celui-ci est jaune.

Elles ont également des pattes de morphologie différente : la foulque a des pattes dont les orteils présentent des lobes alors que la poule d’eau a des pattes semblables aux autres gallinacées que nous connaissons (ex : poule de ferme).

Au niveau du plumage, la foulque a un plumage entièrement noir. La poule d’eau présente un plumage noir avec des reflets bruns/verts, et ses flancs sont rayés de plumes blanches. La poule d’eau a également des plumes blanches sous la queue, contrairement à la foulque.

Elles n’ont en commun que leur régime alimentaire, qui est principalement composé de végétaux et parfois complété par des insectes, larves, têtards, …

Au niveau comportemental, nous sommes face à deux espèces presqu’opposées : la foulque macroule est dominante et territoriale, tandis que la gallinule poule d’eau est plutôt soumise et discrète. Nous observerons donc plus facilement une foulque qu’une poule d’eau.

Toutes deux sont d’excellentes nageuses, mais sur terre, la poule d’eau se déplace avec plus d’aisance que la foulque.

Alors que la poule d’eau s’immerge à peine, parfois pour éviter un quelconque danger, la foulque est une excellente plongeuse. Elle peut descendre sous l’eau jusqu’à plusieurs mètres de profondeur pour se nourrir.

Vous voyez, la foulque macroule n’a rien d’une poule mouillée … !

 

Photos : Patrick Ingremeau et Hervé Enoch - www.oiseaux.net

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Martin, le pêcheur

24 DéCEMBRE 2020

Une couleur vive, un bleu azur et un cri perçant attirent votre attention sur le cours d’eau. Vous l’avez à peine aperçu… Mais il s’agit bien de lui, cette flèche bleue rasant l’eau, c’est le martin-pêcheur… 

Martin pecheur(c) Paul Van Damme

Il ne pèse pas plus de 50 grammes et a une longueur de 18 centimètres, pour une envergure d’une vingtaine de centimètres. Pourtant, ce petit oiseau est le roi des pêcheurs, d’où son nom en anglais « Kingfisher » (king : roi ; fisher : pêcheur).

Le dimorphisme sexuel est faible. Les adultes ont un plumage bleuté sur les parties supérieures, les parties inférieures sont d’un roux vif à l’exception de la gorge qui est blanche. Pour différencier le mâle de la femelle, il faut surtout observer le bec. Seule la femelle a la mandibule inférieure orange. Le mâle a le bec entièrement noir.

C’est une espèce plutôt solitaire, dont le territoire peut atteindre 5,5 km de rivière. L’étendue de son territoire varie en fonction des ressources en nourriture et de la structure des berges, importante pour le creusement de son nid.

Il se nourrit essentiellement de poissons de petite taille (4 à 6 cm), mais il apprécie aussi les têtards et invertébrés aquatiques se trouvant dans une eau peu profonde et assez claire. Il doit souvent s’y prendre à plusieurs reprises avant d’attraper sa pitance.

martin pecheur2

Sa technique de pêche consiste à observer une proie potentielle depuis son perchoir, d’une hauteur de 1 ou 2 mètres, pour ensuite plonger dans l’eau à grand vitesse à l’aide de son bec bien aérodynamique. Il peut repérer un poisson à 25 mètres ! Et ce n’est pas tout : ce petit saphir des rivières a la capacité d’évaluer la distance et la profondeur à laquelle se situe sa proie ! Encore plus remarquable… il tient compte de la réfraction de la lumière sous l’eau et ajuste sa trajectoire en conséquence.

Le saviez-vous ? La technique de pêche du martin-pêcheur a été copiée par l’homme pour créer le Shinkansen, un train japonais à grande vitesse. Les chercheurs souhaitaient que ce train puisse entrer dans un tunnel à 300km/h en perdant le moins possible de vitesse. C’est en construisant le nez du train qu’ils ont cherché si, dans la nature, un quelconque animal était confronté au même problème qu’eux. Ils ont alors pensé au martin-pêcheur et ont étudié sa technique de pêche. Le nez du train ressemble donc au bec de l’oiseau. Les résultats ont été impressionnants ! Le train était 10% plus rapide et a permis une économie d’électricité de 15%. Ce processus d’innovation et d’ingénierie s’inspirant de la nature se nomme le biomimétisme.

Vous pouvez rencontrer le martin-pêcheur partout où les cours d’eau présentent des eaux riches en petits poissons, peu polluées et où il n’est pas trop dérangé. Ce petit oiseau aux couleurs chatoyantes niche le long des cours d’eau dans une galerie creusée dans une berge d’argile ou de limon.

En Wallonie, il fait partie des espèces « quasi menacées ». Il fait ainsi l’objet de mesures de conservation spéciale concernant son habitat, dans le but d’assurer sa survie et sa reproduction dans son aire de distribution.

La dégradation ou l’aménagement des berges lui sont préjudiciables. Si le dérangement est trop important, le martin-pêcheur peut abandonner son site de nidification. C’est pourquoi, en période de nidification (de mars à juillet), il est important de limiter les perturbations comme le kayak, la pêche, les affuts, …

Pour sa protection, il convient de mettre en place des mesures de gestion qui lui sont favorables. D’une manière générale, il est important de maintenir le caractère naturel des cours d’eau ainsi que le processus d’érosion naturelle des berges.

« Siiii siiii siii »… C’est encore lui ! Au loin, vous apercevez son plumage turquoise et orangé. Il se rapproche à grande vitesse par une succession de battements d’aile rapides. Cette fois, vous l’avez vu, vous avez rencontré Martin, ce petit pêcheur de nos rivières…

 

Sources :

• « Le martin-pêcheur : population et habitat en Wallonie », Ministère de la Région Walonne - Conservation de la nature

• « L’oiseau des Glaces », La Hulotte n°99, 2013

http://tpe-biomimetisme.1eres.over-blog.com/article-le-martin-pecheur-62862506.html

https://www.oiseaux.net/oiseaux/martin-pecheur.d.europe.html

http://biodiversite.wallonie.be/servlet/Repository/a229_martin_pecheur.pdf?ID=13054

http://biodiversite.wallonie.be/fr/alcedo-atthis.html?IDD=50334180&IDC=315

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Le cincle plongeur, cascadeur des rivières

23 DéCEMBRE 2020

Le cincle plongeur, appelé aussi merle d’eau, est un petit « lutin » des rivières : il saute de pierre en pierre, joue à cache-cache avec les flots.

C’est un oiseau doté de capacités surprenantes : il peut nager et même marcher sous l’eau, grâce à la force du courant qui le plaque vers le fond. Son plumage comprimé, il se sert alors de ses ailes courtes pour avancer, et de sa queue comme gouvernail. Ses longues griffes peuvent lui être utiles pour s’agripper et même pour retourner des pierres afin d’y trouver des proies.

Cet oiseau, toujours dans l’eau mais jamais mouillé, doit cet avantage au temps qu’il passe plusieurs fois par jour à étanchéifier son plumage au moyen de sécrétions huileuses produites par une glande, particulièrement bien développée chez le cincle plongeur.

S’il porte si bien son nom, c’est parce qu’il est capable de plonger pour se nourrir et ce, même dans une eau très froide, voire sous la glace ainsi que dans des rivières en crue, aux eaux boueuses. Les rideaux des chutes d’eau ne lui font pas peur, il peut les traverser et réalise parfois même son nid derrière ces derniers.

cincle plongeur

Cet oiseau, de 20 centimètres de haut pour un poids variant de 45 à 75 grammes, est la muse des photographes naturalistes qui adorent l’observer discrètement derrière leur affut. Cependant, pour l’observer, il faut trouver un cours d’eau adéquat, car toutes les rivières n’ont pas la chance d’accueillir ce bel oiseau brun au plastron blanc. En effet, le cincle plongeur préfère les cours d’eau présentant des rives boisées, un débit rapide et une eau claire, un cours d’eau torrentueux. Il aime les endroits rocailleux et prioritairement en altitude. Ayant des exigences, le cincle plongeur est un bon « bio-indicateur » pour les cours d’eau propres et bien oxygénés.

Son régime alimentaire est essentiellement constitué d’insectes, de larves, de petits crustacés et de mollusques. Il lui arrive même parfois d’ajouter à son menu des larves d’amphibiens tels les têtards, ou encore des œufs de poisson.

cincle plongeur1

Les parades nuptiales du cincle plongeur sont dynamiques : le mâle et la femelle se poursuivent le long de la rivière jusqu’à se retrouver l’un en face de l’autre. À ce moment, le mâle bombe le torse en se tenant bien droit sur ses pattes pour impressionner la femelle. Il pointe le bec vers le ciel, baisse les ailes et rabat la queue. La femelle l’imite et ils se saluent. Ils commencent alors à s’agiter, à se faire des révérences et parfois mêmes, ils se battent pour se réconcilier ensuite…

La nidification se fait durant le mois de mars ou avril. La femelle pond 4 à 6 œufs dans un nid situé près du cours d’eau, souvent même sous un pont. Le cincle plongeur peut partager son nid avec d’autres oiseaux comme la bergeronnette des ruisseaux.

Les oisillons sont nidicoles, c’est-à-dire qu’ils restent longtemps au nid, sous la protection de leurs parents (contrairement à d’autres espèces dites alors nidifuges). Les jeunes restent au nid pendant plus ou moins 3 semaines, puis décident tout doucement de s’aventurer sur le cours d’eau comme leurs parents. L’oisillon le plus audacieux plonge en premier. Ces oiseaux, plongeurs expérimentés, savent plonger et nager avant même de savoir voler !

En Wallonie, le cincle plongeur fait partie des espèces « non menacées ». Il n’a donc pas besoin d’une protection particulière. Cependant, l’installation de nichoirs peut être nécessaire pour aider cet oiseau à nicher plus facilement en raison de la détérioration des berges à certains endroits.

Lorsque vous irez vous balader, gardez l’œil ouvert. Il se peut que le petit prince des rivières soit présent et vous offre son plus beau spectacle...

Sources :

https://www.salamandre.org/recherche/?q=cincle+plongeur

https://inpn.mnhn.fr/fichesEspece/TVB/131219_cincle_plongeur_juin2012.pdf

https://www.oiseaux.net/oiseaux/cincle.plongeur.html

http://biofaune.canalblog.com/achives/2017/01/31/34872953.html

http://biodiversite.wallonie.be/fr/cinclus-cinclus.html?IDD=50334206&IDC=305

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