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Histoire

on 30 décembre 2021.

Etymologie des cours d’eau du bassin de la Vesdre

Par Joëlle Abbes-Orban, Società Dante Alighieri de VerviersEtymologie photo

Très discrète, Mademoiselle Annie Henrard, licenciée (nous dirions Master maintenant) en philologie romane, n’en est pas moins une membre très active de la Società Dante Alighieri de Verviers. Quand je dis active, je veux dire affairée et en plein travail. Depuis 20 ans, mon ancienne professeure de Latin, n’a pas arrêté de faire des recherches en étymologie et en particulier en ce qui concerne les noms des cours d’eau de notre région.

Nous sommes de nombreux curieux de toute connaissance touchant à notre rivière bien-aimée et je fus très heureuse de plonger dans les mystères des hydronymes du sous-bassin de la Vesdre.

Pour comprendre l’avènement et le sens hydronymes comme des toponymes qui nous sont familiers, il faut faire deux préambules importants.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il ne reste plus rien des noms celtiques car Jules César, dans sa conquête du territoire d’Ambiorix et la colonisation qui s’en est suivie dès le premier siècle avant notre ère, a voulu effacer le passé et imprimer sa marque romaine pour punir ce roi de l’avoir battu en brèche.

De plus, les graphies françaises de l’époque révolutionnaire sont pour la plupart aberrantes, dues à l’ignorance du dialecte roman (le wallon) des fonctionnaires en charge des écritures.
Je ne résiste pas au plaisir de vous donner quelques exemples avant de vous livrer le résumé des recherches étymologiques de Mademoiselle Henrard sur les noms de la Vesdre et de quelques-uns de ses affluents.

Quelques exemples…
Le nom de la Polleur viendrait de Bulla qui signifie « bulle »,
ce qui caractérise bien ce ruisseau tumultueux. Bien sûr, il n’est pas le seul à être « bouillonnant », mais tous ne s’appellent pas Polleur ou Bulle.

Plus simplement, la Soor viendrait du mot « source », mot qui vient du verbe surgere, « faire sortir ».

Qu’en est-t-il de la Gileppe ? En roman, elle se dit « Djulep »,
c’est la rivière de Jules, la Iulius ripana. Les Romains repéraient les cours d’eau, souvent asséchés durant l’été en Italie, par le contour de leurs rives (d’où le mot « rivière »
en français). En roman, dans le parler local, ripanas est devenu « rep » ou « lep » (par confusion du L et du R, celui-ci étant « grasseyé » par la population autochtone qui n’arrivait pas à rouler les R).

D’une façon générale, ripus, qui signifie tantôt « rive » ou « ruisseau », a donné les mots « ry » ou « ru ». Ailleurs, en Ardenne, on trouve « rou », « roua », et aussi « roul » pour « rouw » en liégeois.


Allons faire un tour du côté de Heusy et des boulevards, où nous pouvons nous promener dans le parc de Séroule, du nom du ruisseau passant par là. La (ou le) Séroule est le ruisseau « roule » aux claies et haies tressées formant des nasses pour retenir les poissons : saepes ripus. Le nom
« Séroule » semble aussi avoir été transcrit par un fonctionnaire liégeois.

Après vous avoir mis ainsi en appétit, voici le résumé d’Annie Henrard, transmis dans son intégralité…

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